Nouveau DPE 2026 : votre logement va-t-il gagner une meilleure étiquette DPE grâce à l’évolution du coefficient de l’énergie primaire de l’électricité
Depuis le 1er janvier 2026, le nouveau DPE intègre une modification importante de son mode de calcul : le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9.

Cette réforme repose sur des principes physiques et non sur une volonté d’améliorer artificiellement les performances énergétiques mais la question centrale est néanmoins la suivante :
Est-ce que le nouveau calcul DPE 2026 va améliorer la note de mon logement ?
Cet article vous explique :
- Ce qui change réellement dans le nouveau calcul DPE
- Pourquoi ce changement a été décidé
- Quels types de logements peuvent en bénéficier
- Comment mettre à jour son DPE en 2026
Comment fonctionne le DPE : énergie finale, énergie primaire et classes DPE
Avant de comprendre les évolutions du DPE en 2026, il faut revenir aux bases :
Énergie finale vs énergie primaire
L’énergie finale est celle consommée au niveau du logement et qui vous est facturée au compteur (kWh d’électricité, de gaz, etc.)
L’énergie primaire, quant à elle, inclut notamment les pertes de transformation, de production et de transport jusqu’au lieu de consommation.
Or, les Diagnostic de Performance Énergétique DPE classent les logements selon leur consommation en énergie primaire et non en énergie finale.
Par définition, l’énergie primaire est celle qui entre dans le système énergétique et l’énergie finale est celle qui arrive au niveau de l’utilisation (du logement dans le cas du DPE).
Pour ce qui est des énergies telles que le gaz, fioul, bois, réseaux de chaleur, le facteur de conversion est de 1. Les pertes liées à la transformation sont ainsi négligées (ce qui devient fallacieux avec du gaz qui traverse l’océan atlantique par méthanier).
Pour ce qui est de l’électricité, les centrales thermiques qu’elles soient au charbon, fioul, gaz ou nucléaire, subissent les principes de la thermodynamique et de ce fait ont un rendement approximatif d’1/3 entre l’énergie du combustible reçu et l’énergie électrique produite. S’ajoute à cela les pertes de distribution et de transformation sur le réseau électrique (environ 5%).
L’évolution du coefficient de conversion de l’électricité
Dans les années 70 et 80, le mix de production électrique français était basé sur beaucoup de centrales thermiques (gaz, charbon puis nucléaire) soutenues par des centrales hydrauliques et le coefficient multiplicatif avait été fixé à 2,58 
Ainsi, dans les calculs des réglementations thermiques et du DPE toute consommation d’électricité était multipliée par 2,58 ce qui a été très critiqué par les lobbys des fournisseurs d’électricité arguant du fait que le chauffage électrique était défavorisé par rapport au chauffage au gaz. Dans leur argumentation, ces lobbys ont largement fait usage de raccourcis voire d’amalgames entre « énergies fossiles » vs « renouvelables » et entre « rendement » vs « impact carbone ».
Or, il faut bien comprendre que ce coefficient de conversion en énergie primaire est basé sur le rendement des centrales et non sur leur impact carbone.
Et les centrales nucléaires, bien qu’ayant une très faible contribution au changement climatique, utilisent une énergie non renouvelable (uranium, plutonium) et restent des centrales thermiques donc à faible rendement.
Il s’avère que probablement pour accélérer la transition vers l’électricité, ce coefficient de conversion en énergie primaire (Cep) est passé de 2,58 à 2,3 à l’occasion de l’entrée en vigueur de la RE2020.
Et la dernière étape, au 1er janvier 2026, vient de faire baisser ce coefficient à 1,9 qui est la valeur par défaut fournie par l’Union européenne et qui peut se justifier par la montée en puissance progressive des énergies renouvelables dans le mix électrique français, en particulier l’éolien et le solaire.
L’impact du coefficient d’énergie primaire électricité sur le DPE
L’étiquette A B C D E F G du DPE est basée sur les consommations en énergie primaire nécessaires pour les usages de base d’un bâtiment, en particulier le chauffage, l’eau chaude sanitaire, la ventilation, les pompes de distribution.
Les seuils des lettres DPE sont en réalité modulées par divers facteurs dont la surface, l’altitude et la localisation du logement mais les valeurs de base dépendent bien des consommations en énergie primaire par m² de surface habitable et par an comme illustré ci-dessous :

Imaginons un studio mal isolé tout électrique de 100 m² habitable avec une facture d’électricité annuelle de 11000 kWh.
Puisque tout est électrique, le DPE entre 2022 et 2025 convertissait cela en 11000 * 2,3 = 25300 kWh d’énergie primaire, soit 253 kWhep/m² et donc obtenait une classe F.
A partir de 2026, ces mêmes 11000 kWh se transforment en 20900 kWh d’énergie primaire, soit 209 kWhep/m² et ce même logement passe en classe D.
| Paramètre | 2022-2025 | Après 2026 |
|---|---|---|
| Consommation en énergie finale kWh/m².an |
120 | 120 |
| Coefficient de conversion |
2,3 | 1,9 |
| Consommation en Énergie primaire kWhep/m².an |
276 | 228 |
| Classe DPE | E | D |
Est-ce que le nouveau calcul DPE 2026 va améliorer la note de mon logement ?
👉 En substance, le nouveau calcul peut faire baisser la classe DPE, mais uniquement dans certaines conditions.
L’amélioration de la lettre DPE sera d’autant plus probable que les conditions suivantes seront réunies :
- le bâti est peu performant avec de fortes consommations de chauffage : plus il y a de consommations, plus l’impact de la baisse du coefficient sera important
- le logement utilise un chauffage électrique direct (dit à effet Joule comme le sont les convecteurs)
- le logement utilise un chauffe-eau à résistance électrique (communément appelé culumus)
Autrement dit, les logements classés F ou G et tout électriques peuvent gagner une lettre.
L’amélioration de la lettre DPE sera peu probable si le logement utilise peu d’électricité :
- le logement est chauffé au gaz, fioul ou au bois et la chaudière sert également pour produire l’eau chaude
- le bâti est relativemement performant donc a peu de besoins de chauffage
- le chauffage est assuré par une pompe à chaleur et/ou l’eau chaude est assurée par un chauffe-eau thermodynamique
L’amélioration de la lettre DPE reste possible si les consommations était proches du début du seuil d’une étiquette DPE :
L’utilisation des lettres pour les étiquettes DPE a l’avantage d’être très visuelle et facilement compréhensible mais elle introduit des effet de seuils.
Comme une note à un concours, on peut louper de justesse l’admission à l’étiquette inférieure : exemple ici d’un logement avec une étiquette C très proche du seuil qui pourrait faire passer en B (illustration logiciel Mon Diagnostic DPE).

Il est donc possible que dans un tel cas, même une faible baisse des consommations calculées fasse passer à la lettre inférieure.
L’amélioration de la lettre DPE peut être bloquée si le chauffage émet beaucoup de gaz à effet de serre :
En effet, l’arrêté du 25/03/2024 a introduit une dégradation de l’étiquette de performance énergétique et chaque lettre DPE est non seulement associée à un seuil haut et bas de la consommation en énergie primaire mais la lettre obtenue peut être dégradée si les émissions carbones des systèmes de chauffage et d’eau chaude dépassent un certain seuil.
Cette modification a été introduite car seules les étiquettes A à G sont mises en avant dans les transactions immobilières laissant au second plan les performances en terme d’effet de serre (les étiquettes en dégradé violet).

Prenons l’exemple d’un petit logement chauffé au fioul avec un cumulus électrique.
Même si la baisse de l’énergie primaire liée à la production d’eau chaude sanitaire à l’électricité pouvait faire améliorer l’étiquette DPE, celle-ci peut se trouver bloquée à cause du seuil des émissions de gaz à effet de serre selon l’illustration ci-dessus.
Est-ce que le nouveau calcul DPE 2026 peut dégrader la note de mon logement ?
Non car les algorithmes du DPE et les seuils des classes de A à F restent inchangés.
La baisse du coefficient de conversion de l’énergie primaire pour l’électricité ne peut qu’améliorer l’étiquette DPE du logement ou la laisser inchangée.
Impact sur la vente, la location et la réglementation
Cette réforme peut faire sortir artificellement certains logements du statut F ou G.
Cela peut avoir des conséquences négatives pour les locataires car certains logements pourront sortir des restrictions applicables aux passoires énergétiques alors qu’ils n’auront subi aucune rénovation !
Impact de la réforme sur les stratégies de rénovation
Cette réforme ne remplace pas les caractéristiques intrinsèques des logements tels que l’isolation, et la qualité du bâti (étanchéité à l’air), mais elle peut modifier des arbitrages de choix de systèmes.
En particulier, dans le cas de logements où il est impossible de placer un chauffe-eau thermodynamique (pas de local non chauffé pour les CET sur air ambiant, pas de possibilité architecturale pour placer une unité extérieure), le fait de conserver un chauffe-eau électrique direct sera moins pénalisant pour le DPE qu’avant 2026.
Les pompes à chaleur seront encore mieux valorisées car les consommations électriques résiduelles (chaleur fournie divisée par le COefficient de Performance COP) donneront lieu à des consommations en énergie primaire réduites.
Peut-on simuler son futur DPE 2026 et obtenir un nouveau DPE ?
Les DPE réalisés avant le 1er janvier 2026 et après le 1er juillet 2021 restent valides, et le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME permet de faire le calcul actualisé à partir d’un numéro de DPE existant.
Il est ensuite possible de télécharger une attestation indiquant les nouveaux résultats, sans nécessiter de nouveau DPE ou de nouvel AUDIT.
Comment faire une stratégie de rénovation ?
Les rénovations demeurent rentables même sans les aides Ma Prime Rénov’ !
Dans leur étude publiée en décembre 2025, les notaires montrent que l’écart de prix de vente selon l’étiquette énergie continue de s’accroître. Passer de D à C augmente la valeur du logement de 6 %. Atteindre B, c’est +12 % ! Dans toutes les villes françaises, la valorisation du bien permet de plus en plus souvent à elle seule de rentabiliser la rénovation, même sans aides de l’État.
De plus en plus de banques proposent des offres dédiées, incluant éco-PTZ, avance des aides et financement du reste à charge sur des durées longues. Pour simplifier et sécuriser le processus, certains bureaux d’études thermiques intègrent un service de courtage afin d’identifier et de proposer les meilleures solutions de financement pour chaque projet.
Rappelons que le logiciel Mon Diagnostic DPE permet à toute personne, (particulier, propriétaire bailleur, assistant à maîtrise d’ouvrage) de réaliser en autonomie ses calculs de DPE et de planifier des scénarios de rénovation.
Ce qu’il faut retenir
- Le nouveau DPE est entré en vigueur le 1er janvier 2026.
- Le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité passe de 2,3 à 1,9.
- Les logements énergivores et chauffés à l’électricité sont les principaux concernés pour une amélioration possible de leur étiquette DPE,
- Il est possible d’obtenir une attestation sur le site de l’ADEME,
- Cela ne changera pas les caractéristiques intrinsèques du logement ni ne diminuera les factures,
- Cette évolution peut impacter des choix de rénovation : Passer de D à C augmente la valeur du logement de 6 %. Atteindre B, c’est +12 %